Compte-rendu du décès d’Eric Aubijoux .

J’ai doublé Eric sur la fin de la liaison nous menant au Méridien de Dakar . Dans les embouteillages, nous avons roulé ensemble en compagnie de 5 ou 6 motards jusqu’au Km 207. Un ravitaillement motos était prévu à ce kilométrage par l’organisation. Je me suis arrêté pour faire le plein, Eric a été le seul à continuer. J’ai rapidement ravitaillé et du petit groupe, j’ai été le premier à reprendre la route. Quelques kilomètres plus loin, toujours sur la route de la liaison à l’entrée de Dakar, un attroupement sur le coté droit de la double voie ralentissait encore plus le trafic. En passant à proximité, j’ai vu qu’il s’agissait d’Eric. Il était allongé sur le coté gauche avec casque, gants et bottes. La moto était à deux mètres de lui rangée sur le coté et béquillée. Aucun autre concurrent, ni membre de l’organisation n’était présent à mon arrivée. Il était entouré d’un très grand nombre de locaux, deux policiers faisaient la circulation. Je me suis rapidement arrêté à ces côtés, Eric ne répondait pas aux ordres simples mais respirait. J’ai immédiatement donné l’alerte par Iritrak, puis je suis retourné près d’Eric. Son état clinique s’est rapidement aggravé avec perte de conscience, pouls imprenable, et une respiration de plus en plus irrégulière. Après avoir enlevé son casque et dégraffé partiellement sa protection thoracique, j’ai débuté le manoeuvres de réanimation de base : bouche à bouche et massage cardiaque. Dans l’intervalle de temps, le N° 213 s’est arrêté et m’a aidé dans cette réanimation. J’ai arrêté les manœuvres de réanimation après 15 minutes de massage et de bouche à bouche. Le casque ne présentait pas de gros impact, je n’ai pas constaté de sang extériorisé au niveau du visage, la moto n’était pas « détruite ». Les locaux interrogés m’ont dit qu’Eric était tombé seul. J’ai alors évoqué la possibilité d’un malaise devant l’état apparent du corps, du casque, de la moto et le témoignage des locaux. J’ai rappelé l’organisation par Iritrack pour annoncer la triste nouvelle en attendant l’arrivée du Tango N° 5 à qui j’ai passé le relais. A l’arrivée au Méridien, je suis passé au PC Médical faire un rapport au Dr Aubry. Une heure plus tard, la compagne d’Eric voulant me parler, je me suis rendu Ch 545 du Méridien pour la rencontrer. Je lui ai raconté ce que j’avais constaté en évoquant la possibilité d’un possible malaise.
L’examen du corps et l’autopsie ont finalement conclu à un décès post traumatique pouvant être compatible avec une collision avec un camion. Il existait des lésions traumatiques majeures. Dans des conditions difficiles dues au pays, aux circonstances, un doute a plané sur la cause de la mort d’Eric. Pas plus de quelques heures. Putain de camion !

Dr Jérome FEUILLADE, concurrent N° 112