Maux de dos, mal du siècle

Maux de dos, mal du siècle

      Bon, on ne sait plus de quel siècle. On en parlait déjà au temps des pharaons, et c’est encore pire maintenant, au XXIème siècle !

    Vous vous souvenez d’Ari Vatanen figé par la douleur, ne pouvant rentrer dans l’habitacle de sa 405 turbo 16 ?

    Et l’ostéopathe de l’équipe Mitsubishi, sur un signe d’Ulrich Bremeer, le team manager, lui faire une manipulation. Le grand blond se glisse immédiatement dans son habitacle, démarre, gagne l’étape puis le Paris-Dakar. Essuyons une larme devant cette scène chevaleresque !


Tu trouveras dans cet article:

d’abord les principaux mécanismes (partie 1)

Comment traiter rapidement un lumbago, ce truc qui t’as bloqué 10 jours au lit alors que tu voulais essayer ta nouvelle bécane ! (partie 2)

Tu as une hernie discale, et on t’as prédis 2 grandes roues, avec 2 roulettes, sous la forme d’un fauteuil roulant si on ne t’opérais pas en urgence… tant pis, c’est dans 3 mois.

Tu as mal tous les jours, et rien ne te guéri malgré 3 scanner et 2 IRM. En plus, on t’as décris des becs de perroquets (= Aras) ! Non, ne te fais pas Hara-kiri avant d’avoir lu la 4éme partie. On parlera même du protège-dents de Valentino Rossi.

Ces douleurs du rachis sont :

Fréquentes : 60 à 80% des sujets ont été, sont, seront lombalgiques
Visiblement difficiles à soigner, et ce depuis toujours, comme l’illustre depuis bien longtemps ce proverbe chinois :
«  Quand le malade commence à avoir mal au dos, le médecin commence à avoir mal à la tête  »


Quelques définitions :


Le lumbago

C’est ce blocage violent, avec une douleur aiguë qui t’as transformé en statue lors d’un faux mouvement.
En terme médical, il provient d’un dérangement intervertébral mineur (DIM en jargon des blouses blanches). En clair, nous avons entre chaque vertèbres un disque qui absorbe les chocs, et supporte le poids du tronc, des bras, de notre tête. Tu l’as compris, c’est un amortisseur.

Ce disque est globalement insensible, contrairement aux structures ligamentaires qui le maintiennent en place, ainsi que 2 petites articulations en arrière (appelées comme il se doit « articulaires postérieures », qui guident les mouvements des vertèbres de part et d’autre du disque.

Lors d’un faux mouvement, souvent en se penchant ou en se tournant, une articulaire se ferme trop vite, avant que sa synoviale ne se soit retirée, et la coince.

La synoviale est une membrane très innervée, qui ferme de manière étanche l’articulation. elle la lubrifie grâce à la synovie. Elle est bourrée de capteurs. Elle renseigne le système nerveux des mouvements de l’articulation, de sa vitesse angulaire.

Ainsi, dans le noir, tu connais la position de ta main. Par exemple celle qui se balade vers ta blonde. Tu sais si tu es le bien venu, ou si c’est retour à l’envoyeur.

En cas de risque de dépassement de l’amplitude maximale (je vois que ta blonde fait du judo), d’entorse, ou d’agression, la synoviale utilise un circuit neurologique d’urgence, qui contrôle de manière automatique la contraction des muscles. Afin d’être instantané, ce reflex ne passe pas par le cerveau, mais seulement la moelle épinière.

Installation d’un cercle vicieux :

Il s’ensuit une contracture musculaire localisée autour de l’articulation, qui malheureusement, aggrave le blocage.


La lombalgie chronique


Elle est parfaitement définie par l’ANAES, (organisme très sérieux qui puisque c’est l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation de la Santé) par :une douleur habituelle de la région lombaire d’une durée supérieure à 3 mois
pouvant s’accompagner d’une :irradiation à la fesse
la crête iliaque
voire à la cuisse
ne dépassant pas le genou.

Cela est presque toujours confondu avec la fameuse sciatique.

La sciatique commune est occasionnée par une hernie discale.

Le disque intervertébral, que nous venons de décrire, a une structure qui ressemble à un oignon. Il contient une substance très réactogène (les peptidoglycanes), qui enflamme les tissus qu’il touche. Et il a la particularité d’avoir un noyau. En cas de pression trop importante, ce dernier peut être chassé, et faire une hernie, qui va appuyer sur le ligament.

C’est pourquoi cette maladie commence tout d’abord par une lombalgie. Puis la hernie finit par traverser ce ligament, et va au contacte d’une des 2 racines du nerf sciatique. D’où apparition de l’irradiation douloureuse dans la jambe. Cette douleur est précise car neurologique : elle atteint un orteil précis, ce qui permet au médecin de déterminer si la hernie écrase la dernière racine lombaire (L5) ou la première sacrée (S1). Nous verrons ultérieurement la stratégie à suivre.

Une personne sur quatre a une hernie, sans en souffrir !

Il est par contre fondamental de connaître la notion de hernie discale asymptomatique.


Un exemple ( à ne pas suivre !)
J’offre une IRM à 100 personnes qui n’ont jamais eu mal au dos.

Je trouverai 27% de hernie discale. Que dis-tu ? Non, je ne suis pas à jeun. Si tu as du mal à me croire, je te mets les références entre parenthèse, et tu iras faire des wheelings devant la biblithèque de la fac de médecine. Cela a été démontré il y a 10 ans, confirmant ce qui était connu depuis… 20 ans pour le scanner, et … 35 ans grâce aux premières techniques radiographiques.


La hernie a bon dos !