La fracture du scaphoïde de poignet

La fracture du scaphoïde de poignet

     L’os scaphoïde est un des 8 osselets du poignet (appelé carpe en médecine). La fracture du scaphoïde est la plus fréquente des fractures des os du poignet.

    La lésion est la conséquence d’un traumatisme en hyper-extension du poignet (chute à plat main si probable chez les enduristes !).

Si la radiographie à 15 jours confirme un trait de fracture le traitement est orthopédique avec généralement deux à trois mois de gantelet plâtré.Les symptômes sont souvent minimes : en cas de méconnaissance de la fracture, le risque fréquent est la non consolidation du scaphoïde et son retentissement sur le poignet avec risque de raideur et de douleur secondaire entraînant un handicap fonctionnel souvent pénible.

    Généralement le poignet est enflé et douloureux. A l’examen on trouve une douleur violente lorsque on appuie sur la tabatière anatomique (il s’agit du creux entre deux gros tendons lorsque le pouce est en hyper-extension à la base de la colonne du pouce au pli de flexion du poignet).

    La radiographie permet le diagnostic en montrant le trait de fracture.

ATTENTION : parfois la fracture n’est pas visible le premier jour et il faut refaire un examen radiographique 8 à 15 jours après si les douleurs persistent.
    
Il faut différencier cette fracture du scaphoïde des fractures de l’extrémité inférieure du radius et des luxations du poignet : généralement ces lésions sont beaucoup plus douloureuses avec un poignet très enflé entraînant une impotence totale.


     La conduite à tenir :
En urgence, immobiliser le poignet dans une attelle ! En tout cas ne plus forcer dessus. Bien sûr, si possible, il faut arrêter la course ou la randonnée.

Le risque, en effet, est un déplacement supplémentaire de la fracture nécessitant parfois une intervention chirurgicale.

Puis faire des radiographies pour faire une mise au point précise : soit la fracture est visible, soit elle ne l’est pas.


     Si le trait de fracture est bien visible :
Pas de déplacement et dans 95% des cas on fait un traitement orthopédique par plâtre.
Le plus souvent on pose un gantelet plâtré : il s’arrête au coude mais il faut éviter si possible les mouvements type marionnette qui sollicitent le poignet, sont douloureux et retardent un peu la consolidation.

Mais parfois on met un plâtre qui prend le coude.

Généralement on garde ce gantelet plâtré deux à quatre mois avec des contrôles radiographiques tous les mois.

En effet ce petit os consolide très difficilement. Il nécessite même parfois après trois à quatre mois d’immobilisation une greffe osseuse pour le faire consolider. On parle alors de pseudarthrose, ce qui veut dire non consolidation de la fracture.

Cette pseudarthrose est la complication la plus fréquente de ces fractures. Si elle n’est pas traitée, cela évolue vers la déstabilisation du poignet et l’arthrose entraînant des douleurs, une raideur et un handicap fonctionnel certain.

Si par contre il existe un déplacement de la fracture : alors se discute une intervention chirurgicale.

Le but est de remettre en place les deux fragments et de les stabiliser le plus souvent par un visage.

L’intervention nécessite une hospitalisation de 4 à 5 jours et un plâtre pendant deux à quatre semaines puis de la rééducation.


Si le trait de fracture n’est pas visible :
Soit il s’agit d’une simple entorse du poignet.
Elle est régressive en trois à six semaines avec bandage et légère immobilisation au départ puis anti-inflammatoires et rééducation douce.Soit la fracture n’est pas encore visible à la radiographie et il ne faut pas hésiter à refaire des radiographies 10 à 15 jours après s’il n’y a aucune amélioration.