Le poignet douloureux chronique

Le poignet douloureux chronique

     Contrairement à ce qui se passe pour la cheville, les entorses du poignet passent souvent inaperçues. La plupart de ces lésions sont méconnues en urgence car les signes sont peu parlants et les radiographies presque toujours normales. Le diagnostic est donc habituellement tardif. Les déformations radiologiques évidentes ne posent plus de problèmes diagnostics aux orthopédistes, mais traduisent des lésions évoluées dont le traitement n’est pas très bien codifié.
    Le poignet douloureux chronique est un des problèmes quotidiens les plus difficiles à résoudre.


     les lésions ligamentaires


      L’articulation est "instable" ce qui traduit bien la notion de mouvements anormaux des os entre eux. Ces instabilités peuvent apparaître, chez les sportifs, après des micro-traumatismes répétés, mais elles font le plus souvent suite à un traumatisme unique.
Il existe une faiblesse du poignet, une sensation de ressaut ou d’un manque de force.
Il faut savoir que de nombreuses lésions sont responsables de douleurs du poignet, et la fréquence des lésions ligamentaires est assez faible, de l’ordre de 5% maximum.


     L’arthrose


     L’arthrose est l’usure chronique du cartilage recouvrant les os du poignet. Il s’agit d’un phénomène complexe faisant intervenir des facteurs physiques et métaboliques. Le cartilage recouvre l’ensemble des os du poignet et participe à la mobilité articulaire en diminuant les frottements. Les cellules cartilagineuses sont remplacées au même rythme qu’elles sont détruites de manière physiologique. Lors du vieillissement, le remplacement des cellules est plus lent que leur disparition et donc l’équilibre de l’articulation se dérègle. L’existence des contraintes physiques anormales (séquelles de fracture du radius, séquelles d’entorse du poignet non réduites, mauvais positionnement des os entre eux…) aboutit au même résultat. L’usure du cartilage commence par un amincissement et des fissures créant de véritables ulcérations. L’os est alors à nu et les surfaces osseuses rentrent en contact direct entraînant des douleurs. Le phénomène s’aggrave avec le temps. Il aboutit à une limitation douloureuse de la mobilité articulaire. L’articulation progressivement s’enraidit. La douleur arthrosique se réveille lors de l’utilisation de l’articulation et se calme avec le repos. Il existe des maladies inflammatoires qui peuvent entraîner des phénomènes douloureux la nuit. Cette arthrose est favorisée par des facteurs comme l’obésité, l’hérédité, le diabète…


      Cas particulier de la rhizarthrose


      La rhizarthrose est l’usure chronique du cartilage de l’articulation située à la base du pouce entre le premier métacarpien et le trapèze. Il s’agit de l’arthrose la plus fréquente de la main et du poignet. L’évolution par crise aboutit progressivement à un enraidissement et à la déformation du pouce en « Z ». La destruction de cette articulation entraîne une perte de la pince, c’est à dire la possibilité de saisir un objet entre le pouce et l’index.

Les traitements

Le but du traitement de l’arthrose est de diminuer la douleur et d’éviter la perte de la mobilité.

    LA CHIRURGIE
    Efficace sur les lésions ligamentaires.
Pour l’arthrose, Lorsque l’une des articulations devient trop endommagée ou que la douleur devient insupportable et que le traitement médical est arrivé au terme de son efficacité, il peut exister des solutions chirurgicales. Le type d’intervention chirurgical est extrêmement varié. Il peut aller d’un simple nettoyage articulaire par arthroscopie avec nettoyage des débris cartilagineux jusqu’à l’arthrodèse (=blocage) complète de l’articulation ou la mise en place de prothèse.


    LES MEDICAMENTS
    Les analgésiques sont les premiers médicaments choisis pour traiter l’arthrose. Ils peuvent soulager les douleurs mais ne réduisent pas l’inflammation.
Les anti inflammatoires non stéroïdien (AINS) soulagent la douleur, traitent le gonflement et la raideur articulaire mais ne contribuent pas à prévenir les dommages articulaires. Ils doivent être prescrits par un médecin. Ils entraînent les troubles digestifs à type de dérangement d’estomac ou de diarrhée et nécessitent le plus souvent un traitement associé de protection gastrique.


     LA CONTENTION ELASTIQUE
    A l’aide de bandes élastiques adhésives, on réalise des strappings. Ils sont généralement mis en place avant l’activité. Leur action est principalement un contrôle proprioceptif de l’articulation : par stimulation de récepteurs cutanés, muscles et tendons pallient les déficiences ostéo-ligamentaires.


     LES INFILTRATIONS
    Les infiltrations de corticostéroïdes réalisées par des médecins entraînés permettent le soulagement de l’inflammation et la réduction du gonflement. La cortisone est une hormone naturelle de l’organisme. Les corticostéroïdes sont des médicaments de synthèse très semblables à la cortisone. Leur injection entraîne parfois des phénomènes douloureux pendant 24 à 48 heures, mais permettent le plus souvent un soulagement durable. On conseille de ne pas les répéter trop souvent (classiquement le nombre de 3 semble un nombre moyen acceptable).


    L’IMMOBILISATION
    L’immobilisation par des attelles ou orthèses de série ou thermo formées sur mesure a pour but de diminuer les tensions musculaires, d’immobiliser les mouvements et donc de calmer les douleurs. La mise en place d’orthèses nocturnes immobilisant la colonne du pouce est systématique dans le traitement de début de la rhizarthrose.


    KINESITHERAPIE
    Une physiothérapie par un kinésithérapeute peut améliorer l’utilisation des articulations. On peut renforcer le tonus musculaire de manière à stabiliser et à protéger les articulations atteintes d’arthrose pour diminuer les douleurs. Les exercices d’amplitude de mouvements contribueront également à maintenir ou à rétablir le mouvement normal des articulations pour diminuer la raideur. Il faudra éviter de solliciter trop les articulations atteintes.


Docteur Martial DELORME